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Graine de fille …

26juillet

Et voilà, aujourd’hui 26 juillet, j’ai le plaisir de vous annoncer que CultureFlog reprend du service !

Et pour (re)commencer,  j’ai choisi de vous présenter ce petit album carré-ci

Une histoire illustréer d'Ilya Green parue chez Didier jeunesseUne histoire délicieusement espiègle écrite et illustrée par Ilya Green (site de l’artiste)

que vous trouverez aux éditions Didier jeunesse dans la lignée de trois autres du même acabit, ça a commencé en 2004 avec « L’histoire de l’oeuf ».

Ilya Green a du talent et j’adore sa façon de raconter l’enfance.

Son trait est très expressif et son petit monde, celui d’Olga et ses amis, n’est pas sans rappeler celui de Zuza, l’héroïne tout aussi espiègle dAnaïs Vaugelade.

Retrouvez la série (4 titres) sur le site de didier jeunesse clic ICI plus le tout dernier « Le pestacle » qui sortira fin août prochain.


Alors voilà, pour cet été bien entamé, j’avais envie que sorte de terre, après deux saisons de long silence, une histoire de jardinage et de potager,

de graines qui poussent et qui surprennent,

envie d’une histoire de patience, d’impatience et de comparaison

où les humeurs enfantines montent et descendent en colimaçon…

Car moi aussi dans mon ventre a poussé la graine et au plus tard, jour pour jour dans 2 petits mois,

c’est une petite Anouk qui sortira !

voilà pourquoi ;-)

A bientôt !

Un petit moment de vie

18octobre

Samedi après-midi en centre-ville à Perpignan : du monde partout, dans les rues, les terrasses, les commerces.

Je rentre dans une boutique de beauté. Il est seize heures passées et bien des gens sont déjà passés par là à en juger l’état des étalages.
Je m’approche du rayon cosmétiques et commence à regarder les différents produits.

A côté de moi, une vieille dame est à la recherche d’un rouge à lèvres. Nous sommes côte à côte à fureter quand très naturellement elle m’explique qu’elle voudrait retrouver le même rose que celui qu’elle porte mais qu’elle n’y parvient pas. Derrière nous, une agitation intense et aucune vendeuse disponible pour la conseiller.

Je commence à chercher avec elle tout en jetant un oeil à ses lèvres pour en vérifier la teinte . Elle me regarde et me dit :
« Oui, je voudrais ce même rose-là, un rose qui se voit bien quand on le met. Enfin…à mon âge vous me direz…j’ai 82 ans ! ».

Je souris et lui réponds qu’il n’y a pas d’âge pour la coquetterie, que ma grand-mère était pareille.
Nous partageons un regard complice.
Puis je me mets à chercher le fameux rose pendant qu’elle fouille dans son petit sac pour retrouver le tube qu’elle voudrait remplacer à l’identique. Malheureusement, il n’en reste que le capuchon.
« Il a dû tomber, me dit-elle, il glissait tout le temps! »
Je repère la gamme auquel il appartient mais hélas les contenants ont déjà tous changé d’aspect même si le produit semble le même. La dame est un peu perdue. Je passe deux teintes de rose qui pourraient convenir sur le dessus de ma main et les lui montre.
« Ils sont jolis ceux-là non? Regardez, ils sont nacrés, on les voit bien hein? »
La dame confirme mais se remet à chercher dans son sac en s’excusant de me faire perdre mon temps. « Vous devez être pressée ».

Moi, je reste là à côté d’elle, je ne trouve pas non plus ce que je cherche. Je suis tout autant gênée par le tumulte et le désordre qui règne dans cette boutique.
Je dis : »Aujourd’hui c’est samedi, il y a beaucoup de monde… c’est pas facile de trouver ce qu’on cherche ».
« Oui, c’est vrai, je ferai mieux de revenir un autre jour. D’habitude, je ne viens pas le samedi ».

Nous continuons cependant un petit moment encore à regarder les teintes mais même les échantillons manquent pour les essayer alors  finalement, la vieille dame s’arrête et tout en s’apprêtant à partir me dit :
« En tous cas merci ! Ca me fait un grand plaisir de voir qu’il y a encore des gens qui savent se rendre disponibles. »
« Oh mais il y en a,  vous savez », je lui réponds.
« C’est vrai, et des jeunes, vous pouvez pas savoir comme c’est réconfortant. « 

Nous échangeons un geste amical de la main.
Moi j’étais bien à côté de cette dame. Je n’ai rien acheté, elle non plus.
Et, très sincèrement, je n’avais plus besoin de rien.

Hommage

15mars

Dimanche matin
Ciel haut
Ciel beau
Eclairé
Lumière Douce
Claire Lumière
Une mouette aperçue
Haut vol tournoyant
Semble me dire à tout à l’heure
Car j’ai pour projet d’aller voir la mer
Sur les marches du jardin
Je regarde le vert qui pousse
Et déjà quelques taches de couleur ça et là
Capucine jaune
Frêle
Eclatante
Dans 5 jours le printemps
J’écoute ta musique atmosphérique
la beauté de tes textes
associations de mots inattendues
Envolées poétiques touchant à l’horizon de contrées plus lointaines encore
Univers du dehors de l’au-delà de soi
Communion personnelle avec les autres et toi
Je n’ai pas d’autres façons de mieux faire
Car c’est ça qui reste
Oui, c’est ça qui reste.

J’ai choisi les paroles de « Volutes » mais il y en a plein d’autres que j’aime aussi dont « La nuit je mens », « Madame rêve », « L’apiculteur »…

« Volutes »

Auteur : Alain Bashung

« Vos luttes partent en fumée
Vos luttes font des nuées
Des nuées de scrupules
Vos luttes partent en fumée
Vers des flûtes enchantées
Et de cruelles espérances
Me lancent
Des dagues et des lances
En toute innocence

J’cloue des clous sur des nuages
Un marteau au fond du garage
J’cloue des clous sur des nuages
Sans échafaudage

Vos luttes partent en fumée
Sous les yeux embués
D’étranges libellules

Pour une grimace et un rictus
De plus
J’fais des heures sup’
Je m’en donne de la peine
Je cogite je m’agite
Je rejoue la scène

Et mon corps de se vouer
A des lunes surdouées
Aux courbes souveraines
Pleines pleines

Vos luttes partent en fumée
Sous des soleils qui s’ignorent
Dor- dormez
Mes réponses allongées
Mes que dire
Mes que faire
Mais comment ça tient en l’air
Ces deux hémisphères
Par quel mystère

Vos luttes partent en fumée »


Cette chanson est issue de son 8e album studio paru en 1991, « Osez Joséphine ».

Pour moi les chansons d’Alain Bashung et particulièrement sa création des vingt dernières années sont synonymes de poèmes : poèmes, poèmes composés de notes et de mots.

Le miracle de la poésie c’est qu’elle nous appelle à sentir plus qu’à penser

Le miracle de la poésie c’est qu’elle nous aide à oser.


Pour rompre le silence

28février

« Arrêtez le monde je veux descendre. »

René de Obaldia

Citation puisée dans le livre « Paroles de parano », paru en 2001 aux éditions Albin Michel (co-éditeur Canal+Editions pour cet ouvrage),  et qui fait partie de la collection « Paroles » initiée en 1991 par l’éditeur dans sa section Jeunesse (je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs…). Cette collection rassemble des recueils de citations illustrées autour d’un thème, les titres sont apparemment toujours disponibles.

Une parole d’Etty Hillesum

12janvier

 » En définitive, nous n’avons qu’un seul devoir moral,
c’est de préserver de larges plages de paix à l’intérieur de nous-mêmes,
une paix de plus en plus grande, et d’en faire profiter les autres.
Et plus nous posséderons de paix en nous-mêmes, plus il y en aura dans ce monde agité.  »


Extrait de « Une vie bouleversée »

(journal écrit entre 1941 et 1943 – date de sa déportation à Auschwitz)

C’est un ami, professeur de philosophie et musicien qui m’a fait découvrir l’incroyable force spirituelle de cette jeune femme, morte à l’age de 29 ans. Je ne saurais que trop vous conseiller de cliquer sur les liens ci-dessous si comme moi vous ne connaissiez pas Etty Hillesum et que vous avez envie d’en savoir plus :

L’article qui lui est consacré sur Wikipédia, l’Encyclopédie libre

Une analyse de son parcours et de sa pensée sur le site de Nouvelles Clés, la revue qui donne du souffle à vos idées

En ces temps où la paix est objet de combat, non respectée, non entendue, en ces temps où pire encore son non-respect sert de prétexte à des débordements de haine et de violence, comme s’il n’y avait déjà pas assez de victimes…

Portrait d'Etty Hillesum