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« Apprendre à faire le vide : pour en finir avec le « toujours plus »

29novembre

C’est le titre du livre signé Paul Ariès et Bernadette Costa-Prades, paru chez Milan (Toulouse) en mars 2009 dans la collection « Déclic de soi ».

1 livre à mes yeux essentiel qui serait peut-être le seul cadeau justifiant un achat pour Noël dans la catégorie ‘adulte’ (pour « seulement » 12,50€ ;-)

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4e de couverture :             « Toujours plus!, tel semble être le credo de notre époque. Nous avons pris l’habitude de consommer sans réfléchir, comme s’il n’y avait pas de limites à nos désirs, aux ressourcelles naturelles que nous épuisons à toute allure. Nous croulons sous le superflu et nous nous éloignons de ce qui est essentiel à notre existence. Or, cette fuite en avant génère frustration plutôt que bien-être…
Un jour, on a le « Déclic de soi » et l’on comprend qu’une société capable de s’autolimiter est plus humaine.

Nous optons alors pour un mode de vie qui privilégie le partage plutôt que l’accumulation. Il nous permet de retrouver nos vraies valeurs, de redevenir acteurs de nos vies, citoyens plutôt que simples consommateurs.
Le credo de cette nouvelle façon de vivre? « Moins de bien, plus de liens! »

Ce livre est à la fois une très bonne introduction aux idées de la décroissance pour ceux qui en ont entendu parler mais seraient en quête d’en savoir plus ou de savoir réellement ce que c’est (car déjà beaucoup d’idées fausses ont circulé à ce sujet), tout comme il peut faire office de livre de chevet pour ceux qui y sont déjà sensibilisés.

Mais il donne avant tout beaucoup de pistes pour tous ceux qui, au-delà de toute considération politique, s’interrogent sur notre société occidentale consumériste actuelle d’une manière à la fois individuelle et collective. Prendre un peu de recul pour requestionner le sens de la vie, le bonheur, le respect de soi et des autres, le respect de la nature dont nous sommes issus, autant de considérations philosophico-écologiques essentielles, quelle que soit notre classe sociale :
(suite de la 4e de couv.)

« Comment est-on arrivé à « trop de tout », dans le couple, en famille, au travail ?
Pourquoi le vide fait-il si peur?
Pourquoi n’est-il pas trop tard pour agir? Et pour comprendre que désencombrer sa vie ne signifie pas se serrer la ceinture, mais réfléchir à ses vrais besoins?
Comment faire le vide en soi? Et sur un plan collectif?
Comment profiter davantage des plaisirs gratuits que sont la nature, l’amour, l’amitié, la culture? »

L’éditeur Milan classe ce livre dans la catégorie ‘Développement personnel, Bien-être’. C’est vrai, c’est fondamentalement bien de cela dont il s’agit, au tout début oui, au départ, in-di-vi-duel-lment. Si chacun se posait honnêtement ce genre de questions, je pense que le monde irait un peu mieux…

Quant au débat visant à déterminer si ces idées peuvent tenir la route dans le cadre d’un programme politique, on en reparlera sûrement !

En attendant, pour ceux que ça intéresse :

Fiche Wikipédia de l’auteur Paul Ariès : clic ICI

Fiche Wikipédia sur la Décroissance : clic ICI

Site de l’Association des Objecteurs de Croissance (ADOC) : clic ICI

Site des « Casseurs de pub« , créateur des Journées Sans Achat et des Journées Sans Télé, éditeur de la revue mensuelle « La Décroissance, le journal de la joie de vivre » (ex-Revue de l’environnement mental) :  clic ICI

Terrats Photos 1ère !

12octobre

C’est beau les première fois…

Cette première fois-là c’était samedi dernier, le 10 octobre 2009 à la salle des Fêtes du village, à l’occasion de la remise des prix du 1er concours de photo amateur « Terrats Photos ».

Une aventure préparée dès le mois de mars par la bibliothèque municipale assistée d’une équipe de jeunes étudiants prometteurs,
la belle énergie quoi !

Car il en faut une sacré dose :  d’envie, d’idées, d’initiative, de persévérance, d’inventivité, d’organisation , d’écoute et de communication pour parvenir à lancer et faire vivre un projet.

Un projet qui plus est à la fois culturel, patrimonial et artistique mais surtout porteur de liens humains.

Faire vivre un terroir, c’est savoir provoquer la rencontre, les rencontres.

Passé, présent, histoire, mémoire, tout ce coeur précieux à réunir par le dialogue.

Parce que nous avons tous quelque chose à dire, un pourquoi, un comment à partager, d’où qu’on vienne.

Parce que nous avons tous un talent qui ne demande qu’à s’exprimer.

Le petit village de Terrats a choisi la photo, support témoignant à la fois de l’éphémère et du durable comme l’évoquait si justement M. le Maire. Captation par l’oeil et le geste d »un instant, instant tout à fait spontané ou patiemment attendu, mais qui une fois fixé se donne à voir dans la permanence. Support exposé ne demandant qu’à s’entourer de mots, de paroles diverses, divergentes, complémentaires, tout demeurant possible tant que l’on s’ouvre, tout  comme un livre à la lecture partagée… voilà, ce qui reste c’est cela : des images, des visages, des échanges, une trace d’humanité sur la terre.

Se confronter à la diversité fait toujours du bien : toutes les photos choisies et exposées traduisaient cette richesse. Une mention spéciale pour cette formidable conscience d’avoir pensé à exposer les clichés des enfants à hauteur de leur vue.  Ca peut paraître rien mais en fait cette attention est une reconnaissance énorme pour eux.

En tous cas moi, cela m’a beaucoup touchée, cette bienveillance, cette façon-là de prendre soin.

Tout comme un prix du public est en effet éminemment nécessaire pour relier tout ce petit monde, accueillir, se reconnaître les uns les autres.

Et vous avez pensé à tout cela.

C’est pourquoi

tout simplement,

je voulais vous dire bravo

et merci.

« Les hommes et la vigne dans les Aspres »

1er Prix des Jeunes

1er Prix Jeunes, et il se trouve que c'était aussi mon choix perso ;-)

2e Prix Adultes, et ma photo préférée adulte

2e Prix Adultes, et ma photo préférée adulte

Retrouvez toutes les photos du concours en cliquant ICI.

A noter que le site internet a été réalisé par des étudiants en BTS Tourisme. Bravo à eux!

Juste une autre que j'aime beaucoup aussi

Juste une autre que j'aime beaucoup aussi

Oh juste cette dernière, pour méditer, pour rêver....

Oh et aussi juste cette dernière, pour méditer, pour rêver....

« Essayer de boire, de manger, de marcher, d’embrasser ou même simplement de vous faire reconnaître de vos enfants ou de votre mari. Essayez de vivre avec une burqa… »

16septembre

C’est la 4e de couverture de « Burqa! », un petit album carré  paru pour la première fois en mars 2008 aux Editions de La Martinière et déjà réimprimé depuis.

C’est un album qui se présente comme ceux qu’on a l’habitude de voir pour les enfants : page de gauche du texte, page de droite des illustrations. Sauf que voilà : c’est un petit livre qui évoque d’une manière très simple et sans équivoque toutes les difficultés que vivre avec une burqa génère dans la vie quotidienne de la femme qui la porte.

C’est un petit livre qui a l’incroyable force d’évoquer un sujet grave en associant dramaturgie du récit autobiographique et humour caustique de l’illustration engagée.

Cette force narrative-là nous la devons à deux femmes :

D’une part, Simona Bassano di Tufillo, pseudo d’artiste sbadituf, auteur des 24 dessins contenu dans cet album. Elle est italienne, diplômée de l’école des Arts Visuels de Bologne (où a lieu chaque année un prestigieux concours d’illustration) et des Beaux-Arts de Naples. Elle est à l’origine du mouvement artistique Direzione Obbligatoria. Son travail s’oriente sur les principes de la pluralité ainsi que sur l’association de l’ironie avec l’engagement. Elle a également à coeur de mettre l’histoire de l’art à la portée des enfants.

D’autre part, Jamila Mujahed. Née à Kaboul, mère de famille et femme journaliste, engagée sans relâche  pour la reconnaissance des droits des femmes. Elle est  présidente de The Voice of Afghan Women’s Association and Radio, une ONG composée de femmes professionnelles des medias. Elle est la créatrice et l’éditrice de l’unique magazine féminin afghan, Malalai. Son combat pour la liberté de la presse, de l’opinion et de la cause féminine a reçu des échos dans le monde entier et lui a valu de recevoir plusieurs prix internationaux.

Dans  cet album, que les éditions de La Martinière ont eu la lumineuse idée de publier en français, elle nous raconte comment l’arrivée au pouvoir des Talibans a changé le quotidien de sa vie. Comment durant le temps où ils furent au pouvoir, elle dût se résoudre à porter la burqa pour garder un tant soit peu le contact avec le monde extérieur. Même si sortir avec cet habit-prison revenait quasiment à sortir en aveugle : elle explique avoir été percutée par une voiture en traversant une rue, la burqa lui empêchant de distinguer correctement son environnement le plus immédiat. Elle explique qu’en Afghanistan, la burqa n’a jamais constitué une tradition culturelle forte. La plupart des femmes ont fini par la porter sous la contrainte. Elle a été imposée sous prétexte du respect de la Purdah.

Les dessins de Simona Bassano di Tufillo qui accompagnent en vis à vis son témoignage (daté de septembre 2006) ne sont pas des illustrations littérales de son propos mais égrènent avec une ironie incroyablement bien pensée 24 situations de la vie quotidienne transformées en véritable théâtre de l’absurde lorsqu’elles sont vécues par des femmes contraintes au port de la burqa.
Imaginez des silhouettes noires sirotant un soda la paille glissée à travers un maillon du grillage serré de cet habit, imaginez deux amies vêtues de la sorte l’une disant à l’autre « Tu as l’air en forme », et encore une autre demandant à sa voisine « Tu es qui, toi? », elle de répondre « Ta soeur ». Imaginez la Joconde en burqa, imaginez encore une autre engageant la conversation:  « On se connaît? », réponse :  » De vue ». Imaginez un photographe criant « Souriez » à un groupe de silhouettes fantômes avant d’appuyer sur le déclencheur ou bien encore un enfant déconcerté, après avoir lâché la main de sa mère, de ne pouvoir la reconnaître dans la foule. Imaginez une carte d’identité avec la photo de sa propriétaire en burqa, des toilettes publiques avec pour désigner la porte de celles pour dames un signet représentant une burqa. Imaginez enfin la « solution alternative » ainsi que l’a titrée l’illustratrice pour son dessin de clôture, une première femme confiant à une seconde: « Nous devons mettre la burqa pour protéger de la tentation les yeux des hommes. » Et la 2nde de répondre :  « Mais il serait plus indiqué que ce soient les hommes qui la portent, puisque, en burqa, on ne voit rien, pas même un accident. »

C’est tellement percutant que cela se passe presque de commentaires. Ce qui se passe, ce qui arrive, c’est un sentiment de grande admiration doublé d’une grande espérance, l’espérance que la voix des femmes, et celles de Jamila et Simona tout particulièrement grâce à ce livre, continuent longtemps de combattre les plus ignobles injustices, les plus profondes absurdités.

J’écris cet article à l’heure où après deux mois d’été sans journal TV de 20h, je viens ce soir d’assister avec horreur sur mon petit écran au sujet suivant : « Remise en cause de la prime de 2 annuités supplémentaires dans le calcul de la retraite des femmes ayant interrompu leur activité professionnelle pour élever leur nouveau-né sous prétexte de discrimination envers les hommes. » J »en reste encore abasourdie. Eh oui hélas, les femmes n’en sont pas  encore à vivre leur dernière injustice. Surtout, restons solidaires ! La force féminine est immense malgré le poids de ce monde. Et, qu’on se le dise, reprendre son activité professionnelle moins d’une semaine après un accouchement ne constituera jamais un exemple de progrès : ni social, encore moins éducatif. Non, l’argent ne règle pas tout.

24 illustrationsde Simona Bassano di Tufillo, accompagnées de "Ma vie à Kaboul" de Jamila Mujahed

24 illustrations de Simona Bassano di Tufillo, accompagnées de "Ma vie à Kaboul" de Jamila Mujahed, éd. de La Martinière, 2008.

« Ceux qui ont dit non »

7mars

C’est une collection de petit livres en format poche dirigée par Murielle Szac qui a démarré en 2008 chez l’éditeur Actes Sud junior et que je trouve particulièrement pertinente.
Elle est censée s’adresser aux adolescents mais je la conseille vivement bien au-delà de cette tranche d’âge.
Comme son nom l’indique, elle met à l’honneur des personnalités de toutes nationalités qui sont un jour montées au créneau contre les injustices criantes de notre bas-monde :
Victor Hugo contre la peine de mort, Lucie Aubrac contre le nazisme, Rosa Parks contre la discrimination raciale, Victor Jara contre la dictature, pour les 4 premiers titres.

Chacun de ces titres se compose de 2 parties :
- un récit de fiction directement inspiré du contexte biographique et historique, écrit par un auteur contemporain,
- un dossier intitulé « Eux aussi ils ont dit non » qui offre à la fois une synthèse historique et fait le point sur le sujet abordé dans  notre monde actuel.
Le tout est accompagné de quelques pistes (livres, disques, films, lieux à visiter) ainsi que d’un petit carnet d’adresses d’associations, institutions… pour ceux qui veulent aller plus loin en s’informant et peut-être aussi en s’engageant à leur tour.

Le lien sur la collection en cliquant ICI

4 nouveaux titres pour 2009 : Victor Schoelcher contre l’esclavage, Joseph Wresinski contre la misère, Simone Veil contre les avortements clandestins, le Général de Bollardière contre la torture.

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« En disant non, toute désarmée que j’étais,
je restais en phase avec moi-même.
Je ne cherchais nullement à être une citoyenne modèle [...]« 

Extrait choisi de la 4e de couverture. Texte de Nimrod.

Une année qui commence par la guerre

11janvier

Signez la pétition AVAAZ pour le cessez-le-feu immédiat à Gaza.

Ne vous posez pas la question de savoir si ça va servir, faîtes-le. Depuis notre confort de citoyens européens, nous qui sommes au chaud, sous un toit, à l’abri, et qui regardons le monde à travers nos écrans, c’est la moindre des choses.

Comme moi, comme  TL, qui doute mais qui signe quand même, comme déjà près de 400 000 personnes partout dans le monde : signez !

GAZA : Arrêtez le massacre !

gaza