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Graine de fille …

26juillet

Et voilà, aujourd’hui 26 juillet, j’ai le plaisir de vous annoncer que CultureFlog reprend du service !

Et pour (re)commencer,  j’ai choisi de vous présenter ce petit album carré-ci

Une histoire illustréer d'Ilya Green parue chez Didier jeunesseUne histoire délicieusement espiègle écrite et illustrée par Ilya Green (site de l’artiste)

que vous trouverez aux éditions Didier jeunesse dans la lignée de trois autres du même acabit, ça a commencé en 2004 avec « L’histoire de l’oeuf ».

Ilya Green a du talent et j’adore sa façon de raconter l’enfance.

Son trait est très expressif et son petit monde, celui d’Olga et ses amis, n’est pas sans rappeler celui de Zuza, l’héroïne tout aussi espiègle dAnaïs Vaugelade.

Retrouvez la série (4 titres) sur le site de didier jeunesse clic ICI plus le tout dernier « Le pestacle » qui sortira fin août prochain.


Alors voilà, pour cet été bien entamé, j’avais envie que sorte de terre, après deux saisons de long silence, une histoire de jardinage et de potager,

de graines qui poussent et qui surprennent,

envie d’une histoire de patience, d’impatience et de comparaison

où les humeurs enfantines montent et descendent en colimaçon…

Car moi aussi dans mon ventre a poussé la graine et au plus tard, jour pour jour dans 2 petits mois,

c’est une petite Anouk qui sortira !

voilà pourquoi ;-)

A bientôt !

En ce 24 Décembre 2009, « Père-Noël mes fesses! »

24décembre

Cet album signé Thierry Lenain et illustré par Bruce Roberts (qui me fait un peu penser aux dessins de Quentin Blake) est paru l’année dernière aux éditions québecoises Les 400 coups (novembre 2008). Il y avait d’ailleurs une super présentation video faite par la télévision Québécoise, pleine de dynamisme et de drôlerie pour présenter ce livre. Moi qui ne regarde pas beaucoup la télé, ça faisait plaisir à voir. Alors que chez nous en France, il n’y a toujours rien pour présenter de bons livres jeunesse. Et moi qui écoute beaucoup la radio, à part les 5′  de L’as-tu lu mon p’tit loup? sur France Inter, c’est le désert. On trouve tellement plus de choses sur internet, j’avoue. Mais encore faut-il être passionné. Non, pour le grand public y a vraiment pas grand chose.

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Bon à part ça, voilà je n’ai pas fait d’article de  tout décembre et si je dois en faire un ce sera celui-là. Et tout d’abord pardon à Thierry Lenain, qui déplorait dans sa newsletter biblio de ne pas trouver beaucoup de critiques de son livre en ces temps pourtant bien de saison. Alors, en cette veille de Noël, je ne vais pas tout à fait lui en faire une si ce n’est que j’ai grand plaisir à vous le présenter et à m’en servir pour exprimer mon humeur toujours un peu colérique à cette époque de l’année. La cause ? Cette frénésie cascadante d’achats sous prétexte de.

« Vous n’auriez pas des livres de Noël ? »
Que ce soit sur les tables des libraires ou dans nos tournées bibliobus, la demande est saisonnière et très peu de bons livres sortent du lot. Eh oui, il ne suffit pas de mettre Noël dans le titre pour faire une bonne histoire de Noël si tant est que l’on croit que la circonstance puisse faire un motif suffisamment épais pour tisser une bonne histoire. C’est pas gagné. Combien de livres essayant de réinventer pour la énième fois l’histoire de ce fameux vieux bonhomme en rouge et blanc ont été habillés de neuf pour l’occasion, fabriqués sur commande? Tout en y apportant chaque année un élément de modernité, d’inédit car dans la famille du Père Noël, on avait entendu parler de la fille mais il y a aussi la tatie, tout comme il y a des sorcières Noël, des enfants petit papa Noël qui deviendront grand, il y a même plusieurs pères Noël qui se font concurrence dans une même histoire bref, on peut y mettre tout ce qu’on veut pour habiller ce « grand mensonge » comme le déclare Thierry Lenain.

Car voilà, l’originalité de son histoire, c’est qu’elle aborde les préparatifs de Noël à ce moment où précisément les enfants ne sont plus dupes mais continuent de voir leurs parents s’agiter et faire comme si, en se demandant comment ils vont pouvoir leur annoncer que ce n’est plus la peine de se donnerautant de mal à faire semblant. C’est assez amusant de se dire qu’en fait des adultes pourraient tenir tout autant à cette légende rituelle que des gamins, comme certains ou plutôt certaines continueraient de croire au prince charmant… Il y a des légendes « paravents » comme ça, on sait qu’elles sont fausses mais on y joue encore car elles nous entourent pour un temps bien éphémère d’un peu de merveilleux, d’un petit plus impalpable là-bas quelque part… Sauf qu’apparemment l’auteur lui n’a pas vraiment aimé ça. Son héros, Alex 10 ans, cherche à se venger (oh d’une manière assez humoristique n’ayez crainte) d’avoir été trompé. Il nous dit que plus tard, quand il sera papa, il ne mentira pas à ses enfants. En fin d’ouvrage, le jeune lecteur est invité  à s’exprimer sur ce fameux moment où il a su.
Moi personnellement, je n’ai pas le souvenir de m’être sentie trahie, la vérité s’est faite progressivement dans ma tête sans que cela me traumatise plus que ça.  Mais bon, ce qui est intéressant je trouve, c’est de se poser la question de ce que l’on veut fêter vraiment à Noël.  Et là, faut dire qu’on a le choix. Car non, il n’y a pas que le père Noël comme histoire à raconter ou à faire croire aux enfants. N’oublions pas que ce Santa Claus n’est vraiment pas si vieux que ça : 1930, pub pour Coca-Cola aux States.
Faut-il que l’on n’ait retenu que cette imagerie-là pour justifier (et merci la pub) cette poussée consumériste écoeurante? Car moi, c’est surtout ça qui me perturbe, cette quasi sommation d’acheter sans quoi on passerait pour quoi hein ? je vous le demande, le casse-tête de quoi pour qui, sans parler de l’épreuve de votre propre évaluation sociale, à la mesure de ce que vous avez offert… Je trouve ça assez infernal et là vraiment je pense qu’il vaut mieux habiter en village qu’en ville, on y est un peu mieux abrité de cette folie de pays « riches ».
Des personnages distributeurs de cadeaux, il y en a d’autres, le Bonhomme Janvier, Saint Nicolas (dont l’origine est Turque), Julenisse (le lutin de Noël scandinave), le petit Jésus pour les chrétiens ou même les rois mages, le « Noël » des Catalans fêté à l’Epiphanie, chacun pourrait choisir son personnage après tout…

Cela dit, c’est un phénomène de culture et la conscience  de cela se fait souvent après coup. C’est bien là l’effet des rites, on les a vécu et on les fait vivre souvent parce que « chez nous on fait comme ça », « chez nous ça a toujours été comme ça », bref sans avoir pris pleinement acte de cette transmission mais en reproduisant, c’est vrai, un peu bêtement. Et je trouve qu’en ce sens, et d’un point de vue d’adulte, le livre de Thierry Lenain amène à cette réflexion.
Bien pour les parents alors ! Car j’imagine la tête de certains si je leur conseillais cette histoire pour répondre à leur demande de « livres de noël », hi hi hi… L’éditeur, lui, ne prend pas trop de risque, il mentionne : A partir de 8 ans.

Mais voilà, pour moi, après coup, mes histoires de noël préférées sont des histoires de paysages d’hiver, de chaleur, de fraternité et de merveilleux aussi, pourquoi pas?  Quite à me mettre dans le crâne que le vrai père Noël s’il en est un, ben c’est le vrai papa et pis voilà!

Plus sérieusement, ce dont nous manquons, je pense que c’est ça : se rappeler la force et le message des symboles, véhiculés de mille manières au travers des siècles, des cultures et des religions. Se faire plaisir oui mais à travers cette conscience-là. Le solstice d’hiver, le soleil qui perdure dans la nuit froide (la chaleur humaine) la naissance, la fraternité, l’oubli de ce qui nous oppose… Je pense qu’on peut raconter des histoires au sens propre comme au figuré, ces légendes issues de cet imaginaire à la fois collectif et individuel, à la fois personnel et archétypal. Là où ça ne colle pas, là où ça ne colle plus, c’est effectivement quand des adultes s’accrochent à ces légendes comme à des rêves, sans en assumer leur statut propre : de croyance (donc de doute) d’imaginaire (donc d’irréalité), d’où le mauvais mélange que cela peut faire dans la tête de certains enfants. Mais d’imaginaire nous avons tous besoin, n’est-ce pas Thierry Lenain ?

Bon alors : mentir ou pas mentir ? Gros ou petit mensonge ? Et quel papa Noël alors ? Ca devient compliqué tout ça ;-)

Cet album fait partie de la collection Carré Blanc dont je vous recopie le leitmotiv :

« Cette collection présente des points de vue originaux sur des événements historiques ou des réalités sociales, s’appuyant sur des textes émouvants, voire troublants, et des illustrations saisissantes. Ces albums nous amènent à nuancer nos jugements et à mieux comprendre l’humanité : ils racontent la complexité de l’être humain ».

Chez Les 400 coups, on s’empêche de penser en rond et c’est déjà vraiment pas mal !
Et merci à Thierry Lenain pour cet album unique, tant dérangeant et revendicateur que plein de vie et d’humour et que je recommande, comme beaucoup des albums jeunesse que je préfère, aux adultes aussi bien qu’aux enfants ;-)

Fiche biblio du livre sur le site de l’éditeur : clic ICI

Blog de Thierry Lenain, : clic ICI

« Apprendre à faire le vide : pour en finir avec le « toujours plus »

29novembre

C’est le titre du livre signé Paul Ariès et Bernadette Costa-Prades, paru chez Milan (Toulouse) en mars 2009 dans la collection « Déclic de soi ».

1 livre à mes yeux essentiel qui serait peut-être le seul cadeau justifiant un achat pour Noël dans la catégorie ‘adulte’ (pour « seulement » 12,50€ ;-)

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4e de couverture :             « Toujours plus!, tel semble être le credo de notre époque. Nous avons pris l’habitude de consommer sans réfléchir, comme s’il n’y avait pas de limites à nos désirs, aux ressourcelles naturelles que nous épuisons à toute allure. Nous croulons sous le superflu et nous nous éloignons de ce qui est essentiel à notre existence. Or, cette fuite en avant génère frustration plutôt que bien-être…
Un jour, on a le « Déclic de soi » et l’on comprend qu’une société capable de s’autolimiter est plus humaine.

Nous optons alors pour un mode de vie qui privilégie le partage plutôt que l’accumulation. Il nous permet de retrouver nos vraies valeurs, de redevenir acteurs de nos vies, citoyens plutôt que simples consommateurs.
Le credo de cette nouvelle façon de vivre? « Moins de bien, plus de liens! »

Ce livre est à la fois une très bonne introduction aux idées de la décroissance pour ceux qui en ont entendu parler mais seraient en quête d’en savoir plus ou de savoir réellement ce que c’est (car déjà beaucoup d’idées fausses ont circulé à ce sujet), tout comme il peut faire office de livre de chevet pour ceux qui y sont déjà sensibilisés.

Mais il donne avant tout beaucoup de pistes pour tous ceux qui, au-delà de toute considération politique, s’interrogent sur notre société occidentale consumériste actuelle d’une manière à la fois individuelle et collective. Prendre un peu de recul pour requestionner le sens de la vie, le bonheur, le respect de soi et des autres, le respect de la nature dont nous sommes issus, autant de considérations philosophico-écologiques essentielles, quelle que soit notre classe sociale :
(suite de la 4e de couv.)

« Comment est-on arrivé à « trop de tout », dans le couple, en famille, au travail ?
Pourquoi le vide fait-il si peur?
Pourquoi n’est-il pas trop tard pour agir? Et pour comprendre que désencombrer sa vie ne signifie pas se serrer la ceinture, mais réfléchir à ses vrais besoins?
Comment faire le vide en soi? Et sur un plan collectif?
Comment profiter davantage des plaisirs gratuits que sont la nature, l’amour, l’amitié, la culture? »

L’éditeur Milan classe ce livre dans la catégorie ‘Développement personnel, Bien-être’. C’est vrai, c’est fondamentalement bien de cela dont il s’agit, au tout début oui, au départ, in-di-vi-duel-lment. Si chacun se posait honnêtement ce genre de questions, je pense que le monde irait un peu mieux…

Quant au débat visant à déterminer si ces idées peuvent tenir la route dans le cadre d’un programme politique, on en reparlera sûrement !

En attendant, pour ceux que ça intéresse :

Fiche Wikipédia de l’auteur Paul Ariès : clic ICI

Fiche Wikipédia sur la Décroissance : clic ICI

Site de l’Association des Objecteurs de Croissance (ADOC) : clic ICI

Site des « Casseurs de pub« , créateur des Journées Sans Achat et des Journées Sans Télé, éditeur de la revue mensuelle « La Décroissance, le journal de la joie de vivre » (ex-Revue de l’environnement mental) :  clic ICI

Encore un enfant qui se pose plein de questions ! …

22novembre

Simple et sympadis-maman_couv

« Dis, maman, pourquoi j’existe? », texte d’Oscar Brenifier, images de Delphine Durand, paru chez Nathan, collection Les Petits Philozenfants
(mars 2008)

J’aime assez le doudou-conseiller…

conte-randonnée pour aborder les premières grandes questions des tout-petits !

Phil, le petit héros, se pose beaucoup de questions. Accompagné de son doudou-conseiller Zof, il les adresse d’abord à ses parents, qui n’ont pas le temps d’y répondre. Alors, comme dans un conte-randonnée, Phil va poser sa question à différents animaux/objets d’un même univers (aimer : jardin / exister : maison) qui vont lui donner des réponses parfois erronées, puis des morceaux de réponses. Ce questionnement, commenté par Zof, pousse le lecteur à réfléchir et à rebondir sur les réponses données. À la fin de son parcours, Phil retrouve ses parents qui lui proposent également une réponse. Des livres qui aident à aborder un questionnement philosophique tout en restant des belles histoires à lire ensemble : des livres qui aident à grandir !

Dès 3 ans (résumé de l’éditeur)  Lien fiche: clic ICI


Des histoires qui parlent de la mort

14novembre

Je suis un peu en retard, j’aurais pu publier ce nouvel article au moment de Toussaint, cela aurait été de saison …

Les deux albums jeunesse que je tenais à vous présenter aujourd’hui ne sont pas les toutes dernières nouveautés mais ça, on s’en fiche un peu pourvu qu’on puisse encore se les procurer en librairie n’est-ce pas ? Avec un gentil libraire qui ne rechignera pas à vous les commander (ce qui risque fort d’être nécessaire).
Deux albums très différents qui sont pour moi deux petits chefs-d’oeuvres.

Voici donc :

nos-petits-enterrements_couv1 « Nos petits enterrements » - texte de Ulf Nilsson, illustrations d’Eva Eriksson
paru chez l’école des loisirs dans la collection Pastel (mars 2005)

traduit et adpaté du suédois par Alain Gnaedig

Pour déjouer l’ennui , trois enfants en vacances ont une idée : ils décident d’enterrer   dignement tous les petits animaux de jardin qu’ils trouvent. C’est ainsi que tout ce  petit monde s’organise, chacun se répartit le travail : creuser les tombes, écrire des poèmes qui seront lus pendant la cérémonie, pleurer… « Nous avons préparé une valise avec tout le nécessaire pour les meilleurs enterrements du monde.
Pelle, bâtons d’esquimaux pour faire de petites croix, baguettes de bois pour faire de grandes croix, marteau, clous, petites et grandes boîtes pour faire des cercueils, belles pierres tombales, pinceaux et boîtes de peinture, graines qui deviendront des fleurs bleues. Fleurs jaunes et rouges. »

Il vont jouer ainsi à enterrer un bourdon, une musaraigne, un hérisson, le hamster de la voisine, le coq trop vieux, et même trois harengs qu’ils vont chercher dans le congélateur ! et le garçon chargé des poèmes d’écrire :
« Toi le hareng excellent,
Dans cette vie,
Tu ne fais pas souvent
Ce dont tu as envie. »

Morceau choisi, dernière page :
« La vie est longue, la mort est courte. On ne meurt jamais qu’un bref instant [...] Le lendemain, nous étions très occupés à jouer à autre chose. »

Moi quand j’étais enfant, je me souviens qu’un été, on avait appris qu’un homme était venu jeter son chien du haut du gouffre qui se trouvait en contrebas de la villa de famille où nous  passions nos vacances à la mer, avec ma soeur et mes cousins cousines. Je ne me souviens pas avoir vu le corps du chien mort en bas sur les rochers. Mais ce dont je me souviens très bien, c’est que nous avions entrepris de lui donner une sépulture.  Nous avions choisi un endroit sur la colline abrité par les hautes herbes et buissons, nous avions fait une croix et nous lui avions composé un poème. Nous avions appelé cet endroit : la tombe du chien inconnu. Pendant de nombreux étés suivants, une des premières choses que nous faisions à notre arrivée sur les lieux, était d’en vérifier l’état.  Les intempéries d’une année sur l’autre, et surtout en bord de mer, nous amenaient à la restaurer d’une vacance à l’autre. Aujourd’hui, bien sûr, elle a disparu.


canard_couv « Le canard, la mort et la tulipe » – de Wolf Erlbruch, texte et images
publié par les Edtions La Joie de Lire (Genève, mars 2007)

traduit de l’allemand par Danièle Ball

Depuis quelques temps, une oie se sent suivie. C’est Madame la mort qui rode autour d’elle . « Viens-tu me chercher maintenant? » lui demande l’oie toute effrayée.
« Je suis dans les parages depuis que tu es né – juste au cas où », répond-elle.

S’engage alors un dialogue où l’oie lui fait part de ses interrogations, de ses moments d’angoisse comme de ses moments de sérénité. De ses suppositions sur ce qui se passe après, sur ce que les gens disent… jusqu’au moment où  son tour vient de passer de l’autre côté.

Aucune édulcoration et pourtant, il se dégage de cet album un calme pénétrant. Face aux questions de l’oie, les réponses de Mme la mort ont ce soin de rester largement ouvertes. Comme si son rôle était surtout d’accompagner l’oie dans son cheminement de vie. Quelques traits d’humour fin, parce qu’il en faut bien quand même.
Bref, aucune dureté, juste la réalité telle qu’elle est, en douceur.

En savoir plus sur Wolf Erlbruch, clic ICI

Découvrir son imagerie, clic ICI

Une petite ribambelle d’albums au bon goût d’enfance…

11novembre

Mes coups de coeur, à découvrir…

« Tous pareils!
Petites pensées de sagesse caribou« 
d‘Edouard Manceau, texte et illustrations, paru aux éditions Milan jeunesse (avril 2008)

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Morceau choisi:

« Rêver c’est important. Pour ceux qui trouvent la vie compliquée…Pour ceux qui s’accrochent aux branches…Pour ceux qui en ont plein le dos…ou plein la tête. »

Des caribous rigolos sont mis en situation pour résumer les rapports humains de façon très simple mais très complète.

Pour toute la famille.

« Mon soleil secret », de Misao Kobayashi (Japon)
traduction française de Marianne Bié, publié par Autrement jeunesse (avril 2008)


mon-soleil-secret_couv Un style minimaliste très graphique et coloré pour parler en toute simplicité d’un
ami imaginaire qu’une enfant s’invente pour se tenir chaud en compagnie.

Une ambiance hivernale douce, poétique.

« SUD », de Patrick McDonnell (USA), éditions du Panama (septembre 2008)


sud_couv
Pas de texte que de l’image, pour une histoire de départ et  de retard…
…de solidarité et d’amitié entre un chat et un petit oiseau au moment de la migration.

Un trait d’une très grande expressivité. Patrick McDonnell est auteur de BD à succès en Amérique. Un clic ICI pour en savoir plus.

Une ambiance de saison.

« Questions dans la nuit », texte de Giovanna Zoboli, images de Guido Scarabottolo (Italie)
publié aux éditions La Joie de Lire (Suisse, Genève) en mars 2005.

zoboliquestions Ca fait un petit bout de temps qu’est paru cet album mais vraiment j’espère qu’il est toujours
disponible car je l’adore.

Pourquoi ? Parce qu’il réactive en moi le vécu d’une situation semblable lorque j’étais enfant.

Je pense que c »est souvent comme ça que cela se passe lorsqu’on aime quelque chose.
On aime parcequ’on y  reconnait une part   de nous-mêmes.

Dans l’histoire, ce peut être un garçon ou une fille qui se pose ces questions dans la nuit.
Tout est ouvert,  les deux sont possibles, on devine juste que l’enfant est seul sur la banquette arrière à s’interroger àvoix haute. Des questions à propos de tout, de rien, du paysage qui défile à travers la vitre de la voiture pendant le trajet.
L’ambiance nocturne est extrêmement bien rendue, ce qui n’est pas très facile. De même, le cadrage des images nous met directement à la place de l’enfant qui regarde, selon qu’il regarde à travers les vitres latérales ou le pare-brise. Comme si on était lui.

Alors oui, je me souviens quand j’étais enfant et que nous étions en vacances dans le sud. Nous allions passer la journée chez les grands-parents qui habitaient à la campagne. Et après le dîner, sur le trajet du retour, je faisais basculer ma tête  pour regarder les étoiles par la vitre arrière de la voiture. La vision de cet infini du ciel tout noir cependant troué de petits points de lumière, la sensation rassurante d’être abritée du dehors nocturne malgré les secousses dues aux reliefs serpentés de la route, le ronronnement du moteur accompagnant une envie de sommeil naissante, toutes ces sensations se mélangeaient pour créer une ambiance particulière que j’aimais beaucoup. Je ne posais pas forcément de questions, mais je contemplais, je rêvais, je pensais à des choses qui font un peu peur ou qui sont un peu mystérieuses…

Si vous aimez le polar et l’ambiance manoir

8novembre

… vous aimerez le dernier roman de
P.D. James
« Une mort esthétique, une enquête d’Adam Dalgliesh », paru chez Fayard (avril 2009, titre original « The Private Patient »)

Un huis clos dans la contrée du Dorset, haut-lieu de demeures aussi grandiloquentes qu’inquiétantes, entourées d’une nature qui bruisse la nuit, où les pierres sont les témoins de temps  séculaires avec leur cortège de légendes fantômatiques… Voilà pour le décor.

Sans vous en révéler  l’intrigue, il y est question en filigrane des rapports de père à fille, de l’accompagnement de fin de vie, d’éthique journalistique, et bien sûr des rapports humains en général sur des personnages au profil bien singulier.

Le tout vraiment très bien écrit  et donc par voie de conséquence, très bien traduit de l’anglais par Odile Demange. Un vrai plaisir de lecture malgré un suspense s’essoufflant un peu sur la fin (dommage). Mais, ce qui fait de grands auteurs, n’est-ce pas cette faculté, au-delà du genre dans lequel ils s’inscrivent, de faire tout simplement de la littérature ? P.D. James appartient à cette catégorie-là d’écrivains qui nous apportent ce petit supplément de beauté et de vérité incitant au moins à la réflexion au mieux à l’admiration. Son regard sur le monde ne néglige aucun détail qui puisse renseigner sur l’atmosphère d’un lieu, d’un paysage, d’une saison, d’un acte joué au théâtre de la comédie humaine… Tout son art réside en cette faculté de nous restituer cette vision acérée au travers des mots.

Phyllis Dorothy James est une très grand dame du polar et de la littérature anglaise d’aujourd’hui, notre Fred Vargas anglaise, oserai-je dire…

Cette dernière enquête de son commandant Adam Dalgliesh, son dix-septième livre,  est d’ailleurs dédiée à son éditeur, Stephen Page, ainsi qu’à tous ses amis, anciens et nouveaux de chez Faber et Faber pour célébrer ses 46 années ininterrompues de collaboration avec cette maison d’édition londonienne.

une-mort-esthetique-couv Page Wikipedia de l’auteure, clic ICI

Site officiel, clic ICI

A lire sous la couverture en ces nuits d’hiver….

Des enfants espiègles & philosophes

8novembre

Je vous présente Pico Bogue et sa petite soeur Ana Ana
Ces enfants prennent vie sur la planète Livre, pays de la BD, grâce aux plumes et pinceaux de Dominique Roques & Alexis Dormal. Et l’éditeur qui a eu la bonne idée de leur donneur leur chance, c’est Dargaud.

Des enfants comme ces deux-là, particulièrement éveillés et curieux, j’en connais quelques-uns dans la vraie vie. Ils ont cette façon bien à eux de pointer nos incohérences d’adultes, là, comme ça, l’air de pas y toucher, en toute spontanéité et innocence. Des enfants qui ont déjà leurs idées sur l’éternité, l’avenir, le bien, le mal, les droits et les devoirs…des enfants qui mettent à mal notre logique d’adultes parcequ’ils réveillent l’enfant qui sommeille en nous…

Alors bien sûr, nous sommes en présence d’une famille unie, modèle moyen mais confortable : une maison avec jardin dans un quartier de banlieue pavillonaire plutôt agréable, un père qui est dans le rouge en fin de mois mais ça va, une maman au foyer qui passe son temps libre à lire. Des livres il y en a pas mal au salon d’ailleurs. Il y a la télé aussi mais elle semble assez bien maitrîsée par l’autorité parentale et ne représente de toutes façons qu’une petite part des activités de cette famille qui sait cultiver un certaine douceur de vivre. Jardinage, cuisine, lecture, jeux de société, balade en VTT, pique-nique, ces plaisirs dit simples mais qui n’en sont pas moins authentiques.

Quant à l’école, ces enfants qu’on pourrait croire privilégiés n’en cultivent pas plus le goût que ça.  Autrement dit, ce n’est pas parce qu’existe une certaine facilité d’accès à la culture à la maison que cela les aidera à devenir « bons élèves ». Souvent, ces enfants là se rendent compte très tôt du prix de la liberté. Ils se résignent mais n’en gardent pas moins leur regard critique , comme Pico Bogue, l’aîné, qui doit avoir dans les 8-9 ans. Ca me fait un peu penser à ces enfants dits surdoués qui se sentent exclus du système scolaire classique et ces autres encores qui bien que curieux et intelligents n’arrivent pas à y trouver leur place et se retrouvent pointés du doigt pour cause d’hyperactivité, d’indiscipline ou d’insolence (alors qu’il s’agirait surtout d’un sacré sens de la répartie). On dit d’eux qu’ils ne s’adaptent pas bien, qu’ils ne savent pas canaliser leur énergie…bref :  qu’ils ne rentrent pas dans le moule.

En tous cas, les situations croquées au fil des pages sont remplies de tendresse, de malice, elles  ont le vrai goût de l’enfance, lorsqu’on saute sur le lit des parents un dimanche de grasse matinée, lorsqu’on respire le nez au vent l’air salin du haut de la falaise, lorsqu’on regarde mamie faire un dessert, lorsque le moment d’annoncer une mauvaise note arrive … Cela fait du bien, vraiment, de retrouver ce petit mélange de bon sens et d’humour. Le dessin au crayonné extrêment expressif ajoute pour beaucoup à cette vivacité. Pas étonnant qu’une telle complicité texte/ image nous soit donnée : elle est en fait l’oeuvre de la mère et du fils  ;-)

Lire l’interview sur le site de l’éditeur Dargaud en cliquant ICI.

A lire et relire en famille, 3 volumes parus : 1. La vie et moi (mai 2008) 2. Situations critiques (mars 2009) et le dernier sorti 3. Question d’équilibre (novembre 2009)

Pour visualiser des extraits de planches de chaque volume: 1 clic ICI

Et ICI, une autre interview très intéressante de Dominique Roques.

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« Pour m’endormir, j’éteins mes yeux »

12octobre

J’ai été touchée par la lecture de cet album tout carton qui regorge de poésie et de tendresse, en toute simplicité.

Je le recommande à toutes les mamans qui connaissent la joie de partager avec leur(s) enfant(s) ce formidable moment qu’est l’heure de l’histoire au moment du coucher.

Si votre enfant a du mal à s’endormir, redoute le noir ou le silence de la nuit, cet album fera sûrement des merveilles car sa lecture à voix haute est aussi douce qu’un gros calin, aussi rassurante que le réconfort d’un bon vieux doudou bien sale à l’odeur irremplaçable…

Et même s’il n’est besoin de rassurer, essayez-le donc ensemble, comme si c’était la toute dernière petite histoire avant de se séparer pour la nuit:
clic clac on appuie sur son nez, comme le fait cette petite souris bien sympathique et hop les yeux s’éteignent laissant la place à des rêves infiniment doux…

Paru à l’école des loisirs en mars 2009, collection Pastel, texte de Bruno Coppens, images de Pascal Lemaitre.

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Un clic ICI pour aller sur le site de l’éditeur.

Quand le Musée d’Art Moderne de Céret sert de cadre à un polar…

11octobre

C’est la ligne éditoriale de Mare Nostrum pour sa collection « Polars catalans »: des intrigues policières où le coeur de l’action se déroule ici, en Catalogne.

Malgré ses 317 p. et quelques redondances, je n’ai pas lâché le premier livre et premier polar de Jacques Lavergne, par ailleurs co-fondateur de la maison d’édition gardoise Au Diable Vauvert (cf article sur le roman ‘Ketchup’ de Xavier Gual). Parce que j’aime l’art et que j’aime Céret, j’étais assez curieuse de voir comment l’auteur allait user de ces deux axes d’inspiration pour tenir le lecteur en haleine. Le résultat est assez bien mené malgré quelques longueurs. On sent bien qu’il tient au coeur de Jacques Lavergne d’exprimer, en filigrane de l’intrigue, tout ce qui fait son attachement à la terre catalane de ses racines, avec une mention spéciale pour la ville de Banyuls sur Mer. Un attachement profond qui laisse transparaître quelques passages critiques faisant un peu sourire tant l’on sent que l’auteur se fond dans son personnage principal, le conservateur du musée. Ceci dit, la galerie de portraits qui gravite autour des faits est assez truculente, les traits sont un peu forcés mais c’est assez amusant. Et au passage, on apprend un peu d’histoire sur le musée même.

Bref, un polar catalan au suspens maintenu quasi de bout en bout, plaisant, qui ressemble à une partie de « Cluedo » évoluant dans un microcosme fort en goût, réunissant tout ce qu’il faut pour passer un bon moment de détente, écrit par un auteur hédoniste en diable !

Le seul personnage de l’histoire qui ne soit pas fictionnel, c’est le peintre Vincent Bioulès dont les tableaux sont au commencement de l’intrigue. D’où le sous-titre « ou La Balade des Cantiques ». C’est d’ailleurs suite à la visite de l’exposition que le MAM de Céret lui a consacré en 2006, que Jacques Lavergne s’est lançé le défi d’écrire ce premier roman.

Une bonne raison d’aller faire un tour au musée admirer les  Bioulès de la collection permanente, en particulier le magnifique « Canigou ».
Pour retrouver toutes les infos sur M. Vincent Bioulès et le Musée de Céret, je vous invite à cliquer sur les liens de l’article sur Marie Sellier, rubrique « De l’air, de l’art! » ;-)

Et pour ceux qui souhaiteraient découvrir les autres polars de catalogne et d’ailleurs des éditions  Mare Nostrum, un clic ICI

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Peinture au pistolet à Céret, polar de Jacques Lavergne au éditions Mare Nostrum, avril 2009

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