Des enfants espiègles & philosophes
Je vous présente Pico Bogue et sa petite soeur Ana Ana
Ces enfants prennent vie sur la planète Livre, pays de la BD, grâce aux plumes et pinceaux de Dominique Roques & Alexis Dormal. Et l’éditeur qui a eu la bonne idée de leur donneur leur chance, c’est Dargaud.
Des enfants comme ces deux-là, particulièrement éveillés et curieux, j’en connais quelques-uns dans la vraie vie. Ils ont cette façon bien à eux de pointer nos incohérences d’adultes, là, comme ça, l’air de pas y toucher, en toute spontanéité et innocence. Des enfants qui ont déjà leurs idées sur l’éternité, l’avenir, le bien, le mal, les droits et les devoirs…des enfants qui mettent à mal notre logique d’adultes parcequ’ils réveillent l’enfant qui sommeille en nous…
Alors bien sûr, nous sommes en présence d’une famille unie, modèle moyen mais confortable : une maison avec jardin dans un quartier de banlieue pavillonaire plutôt agréable, un père qui est dans le rouge en fin de mois mais ça va, une maman au foyer qui passe son temps libre à lire. Des livres il y en a pas mal au salon d’ailleurs. Il y a la télé aussi mais elle semble assez bien maitrîsée par l’autorité parentale et ne représente de toutes façons qu’une petite part des activités de cette famille qui sait cultiver un certaine douceur de vivre. Jardinage, cuisine, lecture, jeux de société, balade en VTT, pique-nique, ces plaisirs dit simples mais qui n’en sont pas moins authentiques.
Quant à l’école, ces enfants qu’on pourrait croire privilégiés n’en cultivent pas plus le goût que ça. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’existe une certaine facilité d’accès à la culture à la maison que cela les aidera à devenir « bons élèves ». Souvent, ces enfants là se rendent compte très tôt du prix de la liberté. Ils se résignent mais n’en gardent pas moins leur regard critique , comme Pico Bogue, l’aîné, qui doit avoir dans les 8-9 ans. Ca me fait un peu penser à ces enfants dits surdoués qui se sentent exclus du système scolaire classique et ces autres encores qui bien que curieux et intelligents n’arrivent pas à y trouver leur place et se retrouvent pointés du doigt pour cause d’hyperactivité, d’indiscipline ou d’insolence (alors qu’il s’agirait surtout d’un sacré sens de la répartie). On dit d’eux qu’ils ne s’adaptent pas bien, qu’ils ne savent pas canaliser leur énergie…bref : qu’ils ne rentrent pas dans le moule.
En tous cas, les situations croquées au fil des pages sont remplies de tendresse, de malice, elles ont le vrai goût de l’enfance, lorsqu’on saute sur le lit des parents un dimanche de grasse matinée, lorsqu’on respire le nez au vent l’air salin du haut de la falaise, lorsqu’on regarde mamie faire un dessert, lorsque le moment d’annoncer une mauvaise note arrive … Cela fait du bien, vraiment, de retrouver ce petit mélange de bon sens et d’humour. Le dessin au crayonné extrêment expressif ajoute pour beaucoup à cette vivacité. Pas étonnant qu’une telle complicité texte/ image nous soit donnée : elle est en fait l’oeuvre de la mère et du fils
Lire l’interview sur le site de l’éditeur Dargaud en cliquant ICI.
A lire et relire en famille, 3 volumes parus : 1. La vie et moi (mai 2008) 2. Situations critiques (mars 2009) et le dernier sorti 3. Question d’équilibre (novembre 2009)
Pour visualiser des extraits de planches de chaque volume: 1 clic ICI
Et ICI, une autre interview très intéressante de Dominique Roques.
