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Des histoires qui parlent de la mort

14novembre

Je suis un peu en retard, j’aurais pu publier ce nouvel article au moment de Toussaint, cela aurait été de saison …

Les deux albums jeunesse que je tenais à vous présenter aujourd’hui ne sont pas les toutes dernières nouveautés mais ça, on s’en fiche un peu pourvu qu’on puisse encore se les procurer en librairie n’est-ce pas ? Avec un gentil libraire qui ne rechignera pas à vous les commander (ce qui risque fort d’être nécessaire).
Deux albums très différents qui sont pour moi deux petits chefs-d’oeuvres.

Voici donc :

nos-petits-enterrements_couv1 « Nos petits enterrements » - texte de Ulf Nilsson, illustrations d’Eva Eriksson
paru chez l’école des loisirs dans la collection Pastel (mars 2005)

traduit et adpaté du suédois par Alain Gnaedig

Pour déjouer l’ennui , trois enfants en vacances ont une idée : ils décident d’enterrer   dignement tous les petits animaux de jardin qu’ils trouvent. C’est ainsi que tout ce  petit monde s’organise, chacun se répartit le travail : creuser les tombes, écrire des poèmes qui seront lus pendant la cérémonie, pleurer… « Nous avons préparé une valise avec tout le nécessaire pour les meilleurs enterrements du monde.
Pelle, bâtons d’esquimaux pour faire de petites croix, baguettes de bois pour faire de grandes croix, marteau, clous, petites et grandes boîtes pour faire des cercueils, belles pierres tombales, pinceaux et boîtes de peinture, graines qui deviendront des fleurs bleues. Fleurs jaunes et rouges. »

Il vont jouer ainsi à enterrer un bourdon, une musaraigne, un hérisson, le hamster de la voisine, le coq trop vieux, et même trois harengs qu’ils vont chercher dans le congélateur ! et le garçon chargé des poèmes d’écrire :
« Toi le hareng excellent,
Dans cette vie,
Tu ne fais pas souvent
Ce dont tu as envie. »

Morceau choisi, dernière page :
« La vie est longue, la mort est courte. On ne meurt jamais qu’un bref instant [...] Le lendemain, nous étions très occupés à jouer à autre chose. »

Moi quand j’étais enfant, je me souviens qu’un été, on avait appris qu’un homme était venu jeter son chien du haut du gouffre qui se trouvait en contrebas de la villa de famille où nous  passions nos vacances à la mer, avec ma soeur et mes cousins cousines. Je ne me souviens pas avoir vu le corps du chien mort en bas sur les rochers. Mais ce dont je me souviens très bien, c’est que nous avions entrepris de lui donner une sépulture.  Nous avions choisi un endroit sur la colline abrité par les hautes herbes et buissons, nous avions fait une croix et nous lui avions composé un poème. Nous avions appelé cet endroit : la tombe du chien inconnu. Pendant de nombreux étés suivants, une des premières choses que nous faisions à notre arrivée sur les lieux, était d’en vérifier l’état.  Les intempéries d’une année sur l’autre, et surtout en bord de mer, nous amenaient à la restaurer d’une vacance à l’autre. Aujourd’hui, bien sûr, elle a disparu.


canard_couv « Le canard, la mort et la tulipe » – de Wolf Erlbruch, texte et images
publié par les Edtions La Joie de Lire (Genève, mars 2007)

traduit de l’allemand par Danièle Ball

Depuis quelques temps, une oie se sent suivie. C’est Madame la mort qui rode autour d’elle . « Viens-tu me chercher maintenant? » lui demande l’oie toute effrayée.
« Je suis dans les parages depuis que tu es né – juste au cas où », répond-elle.

S’engage alors un dialogue où l’oie lui fait part de ses interrogations, de ses moments d’angoisse comme de ses moments de sérénité. De ses suppositions sur ce qui se passe après, sur ce que les gens disent… jusqu’au moment où  son tour vient de passer de l’autre côté.

Aucune édulcoration et pourtant, il se dégage de cet album un calme pénétrant. Face aux questions de l’oie, les réponses de Mme la mort ont ce soin de rester largement ouvertes. Comme si son rôle était surtout d’accompagner l’oie dans son cheminement de vie. Quelques traits d’humour fin, parce qu’il en faut bien quand même.
Bref, aucune dureté, juste la réalité telle qu’elle est, en douceur.

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classé dans: Albums, C'est de saison !, Lire

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